Situation du marché: l’analyse de Caves Orsat

Voici l’analyse de la situation du marché et du vignoble, faite par Caves Orsat à Martigny, pour ses fournisseurs de vendanges. 

Si la récolte 2008 a été normale en terme de volume, celle de 2009 a été généreuse, et ce dans toute la Suisse. Pour ne pas peser sur les stocks et sur les prix, la moyenne de production suisse devrait se situer aux environs de 100 millions de litres par an. Les deux millésimes sous revue ont vu une production de plus de 107 et 111 millions de litres. La consommation suisse quant à elle a légèrement reculé ces dernières années.  et se situe à 265 millions de litres pour 2012, vins suisses et étrangers confondus.  Malgré la baisse constante de la consommation, la part des importations déclarées reste stable entre 165 et 170 millions de litres par an. Le contingent d’importation fixé par la Confédération, inchangé depuis 1997, se monte à 170 millions de litres, auxquels nous pouvons certainement ajouter une vingtaine de millions de litres liés au tourisme d’achat non déclaré dans nos douanes. En cas de surproduction indigène, les stocks ont donc tendance à rester dans les caves des producteurs suisses.

L’année 2010 a été caractérisée par la crise de l’Euro, qui coïncide avec l’année de tous les records pour les importations de vins étrangers avec 167,9 millions de litres. Heureusement pour la branche, la production indigène a été normale à 103 millions de litres. Commercialement, ce fut cependant une année difficile, car les marges temporairement « énormes » sur les produits importés, à l’heure de la parité Franc/Euro, ont  poussé de nombreux metteurs en marché à favoriser les vins étrangers plutôt que suisses, causant une perte de parts de marché pour les vins suisses et une augmentation des stocks en cave.

2011 fut le millésime le plus important des six dernières années avec un encavage indigène dépassant les 112 millions de litres. Certains acteurs de la branche n’avaient sans doute plus les capacités financières pour continuer à supporter l’augmentation des stocks. Il en résulta certaines ventes désespérées en dessous du prix de revient dans le but de générer des liquidités, et la spirale des prix à la baisse s’est donc activée. Les années 2011-2012 ont été extrêmement  délicates pour la plupart des entreprises viti-vinicoles: fallait-il conserver les stocks tant que les prix ne remontaient pas? Ou plutôt brader pour ne pas risquer de rester le dernier avec des stocks surdimensionnés ? Quelle que soit la réponse apportée, cette situation a lourdement pesé sur le prix de la vendange.

La vendange 2012 a heureusement été plus faible

La vendange 2012 a heureusement été plus faible

La récolte 2012 a fort heureusement été plus faible. Pour le Valais, elle a été de 14,8% inférieure à 2011. Bien que plus favorable pour les spécialités, la situation du marché reste précaire pour les cépages courants que sont le Chasselas, le Gamay et le Pinot noir. Nous expliquons les difficultés du marché de la manière suivante:
– Ces dix dernières années, l’IVV et les acteurs de la branche  ont concentré l’essentiel de leur communication sur les spécialités valaisannes, au détriment des cépages courants pour lesquels nous constatons une baisse d’intérêt des consommateurs. Un seul chiffre parle de lui-même. Entre 2002 et 2012, la Dôle a perdu 25% de part de marché sur l’ensemble du territoire suisse.
– En plus de la baisse des ventes, les caves n’ayant pas suffisamment constitué de réserves ces dernières années ont été obligées de vendre des volumes en dessous de leur prix de revient. Ces marchés « de la dernière chance » prennent à leur tour des parts de marché aux caves saines et responsables qui un jour risquent de ne plus pouvoir assumer leur rôle de régulateur en stockant des volumes en temps de crise.

Fort heureusement, la baisse des ventes de vins courants s’est faite en parallèle au réencépagement du vignoble, atténuant par là-même les conséquences sur les prix. Si en 1991, les cépages courants représentaient 87% du vignoble (1491 ha sur 5266), en 2012, ils ne représentent plus que 66% (3272 ha sur 4976), laissant la place à 34% de spécialités. Cette situation bénéficie principalement aux vignerons qui ont osé réencépager leurs vignes suffisamment tôt et qui comptent une quantité importante de spécialités.

(Source: Caves Orsat)

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.

One Response to “Situation du marché: l’analyse de Caves Orsat”

  1. Julbul | 18 septembre 2013 at 16 h 10 min #

    Quel est l’analyse de Paul Vetter à propos de ça ?

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