Tout et n’importe quoi ?

Les récentes affaires qui secouent le vignoble suisse romand suscitent le débat. Je viens de tomber par hasard sur un site (LesObservateurs.ch) qui publie un texte assez éloquent. On doit deviner qui l’a écrit, puisqu’il émarge à la rubrique « Nos lecteurs nous écrivent » et qu’il n’est pas signé. En y regardant de plus près, on comprend mieux. Tant le courant politique qui semble porter ce site que les propos qui s’y trouvent ne laissent pas beaucoup de doutes quant à la provenance… Lisez plutôt cet extrait édifiant…

« Les vins de nouvelle génération (vins aromatisés, vins issus à base de concentrés de fruits, vins agrémentés par des épices ou du chocolat) sont déjà disponibles en Suisse. Il y a un public pour ce genre de « vins » qui sont disponibles tout à fait légalement sur notre marché, alors qu’un vigneron n’aurait aucune chance de pouvoir commercialiser ce genre de produits. Avec des régulations parmi les plus sévères, les cantons de Vaud et du Valais pénalisent non seulement les producteurs mais également les consommateurs au travers de réglementations qui veulent réguler chaque détail mais qui ne tiennent absolument pas compte des réalités du marché moderne du vin. »

Cela dit, il y a tout de même une part de vérité dans ce texte: pour une AOC qui couvre le 98% des vins d’une région, la règlementation est probablement trop sévère. Il faut très clairement définir deux catégories de vins: les crus qualitatifs (au bénéfice d’une AOC ou d’un autre label de qualité à définir), et les vins industriels qui pourraient bénéficier de règles beaucoup plus souples permettant de « régater » plus facilement avec des concurrents pour qui tout ou presque est permis.  Mais cela ne résoudrait pas pour autant le problème, car jamais, au grand jamais, dans le bas de gamme, nous ne pourrons concurrencer certains pays puisque nos coûts de production, notamment en matière de main d’oeuvre, resteront toujours bien supérieurs à ceux des pays qui arrosent nos linéaires de bibines de bas de gamme.

Par contre, vouloir assouplir les règles de notre AOC afin de pouvoir fabriquer des crus aromatisés, sucrés, tannisés, j’en passe et des meilleurs, frise pour moi l’hérésie. Mais c’est vrai que je préfère le vin au coca-cola.

Pour lire l’intégralité de l’article: suivre ce lien

PS. Je constate quand même que l’auteur a mis des guillements à « vins » lorsqu’il parle de ces produits nouveaux qu’il voudrait imiter.

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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