AOC Valais garantie sans copeaux ni sirop

NicopnisirorLe verdict est tombé ce matin, en conférence de presse. Notre AOC ne sera pas polluée par des vins aromatisés aux copeaux de chêne ni par des crus édulcorés au sirop de raisin, le tristement célèbre Moût concentré rectifié (MCR). C’est l’un des enseignements majeurs des décisions prises par le Conseil d’Etat valaisan. Le ministre de l’agriculture Jean-Michel Cina et ses troupes ont donc tenu le cap, malgré les pressions exercées par quelques grands marchands prêts à sacrifier la réputation de notre vignoble sur l’autel du profit immédiat.

Rappelons que longtemps, l’Interprofession de la vigne et du vin, ou plutôt son comité, a prétendu que la profession était unanime à réclamer cet « assouplissement » (sic) de notre AOC. Ce fut le cas jusqu’à l’automne, lorsque 65 producteurs sont sortis du bois pour s’opposer à cette proposition de leur Interprofession. Un désaveu qui a par ailleurs provoqué la démission de la quasi-totalité du comité de l’Union des vignerons-encaveurs valaisans (UVEV).

Ce matin, le Chef du Service de l’agriculture Gérald Dayer a estimé que copeaux et MCR sont des « pratiques oenologiques pour des vins de pays /IGP ». Par ce commentaire, on ferme déjà la porte à un éventuel retour en grâce de ces propositions au moment du passage aux normes européennes, avec une nouvelle hiérarchisation basée sur les AOP (pour remplacer les AOC) et les IGP (pour les actuels vins de pays).

Rappelons que l’usage des copeaux ou du MCR est actuellement autorisé pour les « vins de pays », des vins de deuxième catégorie, la première étant l’AOC.

La conférence de presse de ce matin a aussi clairement précisé que la Marque Valais ne pouvait être qu’un outil marketing, et non pas une sur-catégorie d’AOC justifiant la dépréciation du reste de notre haut-de-gamme.

Cina Dayer

Jean-Michel Cina et Gérald Dayer.

Troisième élément d’importance, et pas le moindre… Le Conseil d’Etat a aussi validé la gestion des acquits (les droits de production) par cépage. Fini de compenser une petite production de chardonnay par un excédent de production de Petite arvine, par exemple.  Mais j’y reviendrais dans les jours qui suivent. Tout comme sur bien d’autres décisions de cette conférence de presse très importante pour l’avenir de notre viticulture.  Et on parlera aussi des quelques sucres obtenus par l’IVV dans le cadre de ces négociations.

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme sp��cialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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